jeudi, 19 mars 2009
Raffinée Séraphine
Je ne parlerai pas de Dieu dans ma critique, mais plutôt de forces primitives, avec lesquelles noue Séraphine.
Le livre de Françoise Cloarec, La vie rêvée de Séraphine de Senlis, est un retour à la peinture dans son état de grâce et son mysticimse flamboyant. Née en 1864, Séraphine était une domestique, bonne à tout faire dans les maisons cossues de Senlis, petite ville de l'Oise. Elle possédait un don, la peinture. Pas de théorie, pas de détours par les mots, Séraphine cherchait dans ses parts d'ombre intérieure la puissance des couleurs, leur vérité éclatante qu'elle restituait sur ses toiles. Ses sujets de prédilection ? Des fleurs, des feuilles, des plumes, des branches, un peu comme si Dieu faisait son auto portrait à travers la main de cette femme-peintre et qu'Il n'était autre que le calice des fleurs, le velouté sensuel et sublime des corolles, l'attirance soyeuse des feuilles translucides. (mince j'avais décidé de ne pas parler de Dieu...) "Pas de figure humaine sur les toiles, remarque l'auteur. Aucun modèle humain à représenter, pas d'histoire particulière à raconter. Quels sont les véritables sujets des toiles de Séraphine ? Les fleurs, les feuilles, les arbres. Des fleurs qui s'apparentent à des plumes, des plumes qui font penser à des lyres, des roses, des dahlias, des boutons-d'or, des buissons ardents, des pommes, des cerises, des lilas". Séraphine n'apprendra jamais la peinture, elle ne suivra jamais le moindre cours de dessin et ne sera jamais inscrite dans aucune école d'art. Impensable à l'époque qu'une fille de basse condition puisse se prétendre artiste. Elle fera mieux que tout cela : elle réinventera à sa manière la peinture. A travers toutes sortes de pigments, de mélanges et de matières inédites, elle concevra une technique rendant son oeuvre inclassable, incomparable, "sans rivale", comme elle le disait d'elle-même dans la dernière période de sa vie, celle où le public la découvre et reconnaît son génie, avant que tout ne se gâte, qu'elle ne manifeste des symptômes de démence et ne soit enfermée dans un asile d'aliénés.
FV
Séraphine, la vie rêvée de Séraphine de Senlis, Françoise Cloarec, Phébus octobre 2008
PS : je n'ai pas vu le film de Martin Provost, avec Yollande Moreau dans le rôle titre de Séraphine (peut-être n'est-il pas trop tard, avant qu'il ne dispaisse de la programmation des salles obscures.
voir le site de Françoise Cloarec :
http://f.cloarec.chez-alice.fr/accueil.htm

Séraphine de Senlis Les marguerites.
11:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





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Commentaires
Alors si ce n'est pas encore fait, cours y .. voir ce film ! ... une vraie réussite aux récompenses méritées...
Je crois qu'il se joue encore dans certaines salles à Paris.
C'est dommage que tu n'aies pas vu au moment de sa sortie, les toiles de Séraphine qui étaient exposées au musée Maillol... Quelle merveille.. toutes ces couleurs ! Prodigieux !
Ecrit par : Geneviève | dimanche, 29 mars 2009
moi non plus je n'ai toujours pas vu ce film... Mais j'ai vraiment beaucoup apprécié la lecture de ce livre!
Ecrit par : sylvie | lundi, 27 avril 2009
Peut-être comme toi, Sylvie, j'ai un peu de mal avec les adaptations au cinéma. Séraphine est une telle source d'imagination qu'il me semble dommage de la réduire à la vision d'un seul metteur en scène. En quelque sorte nous sommes tous les metteurs en scène de Séraphine.
Un jour je verrai le film, mais pas dans l'immédiat.
Ecrit par : François | mardi, 28 avril 2009
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